L’ambivalente Varsovie…

Varsovie (1)Varsovie… on pose le pied dans le centre de la capitale polonaise vers 15h30, un peu crevés par l’étape longues heures de train depuis Cracovie – taxi – on est complètement paumés – retaxi – ah, appart enfin trouvé… mais une fois les valises posées (dans cet appart finalement très mignon et archi-bien situé) on ressort, on soupire, soulagés, on secoue 4 épaules tendues de français contrariés, on fait quelques pas… puis cette vue là, qui se déploie à nos pieds sous un doux soleil de décembre qui nous fait instantanément lever le nez et plisser les mirettes.
On soupire à nouveau (mais d’aise cette fois) et on oublie tout : ça y est, le Binôme et moi, on sourit, bras dessus-bras dessous et c’est parti…
Premier contact sans carte ni objectif autre que celui de se délasser. Varsovie (2)Le barbacane (comme à Cracovie).Varsovie (3) Varsovie (4) Varsovie (5) Varsovie (6) Varsovie (7) Varsovie (10) Varsovie (11) Varsovie (12) Varsovie (13) Varsovie (14) Varsovie (15) Varsovie (16)Palais de justice et Monument de l’insurrection.Varsovie (17)Cathédrale Notre-dame-reine-de-Pologne (à tes souhaits)Varsovie (18) Varsovie (19)et puis déjà, la fatigue se fait sentir : retour vers nos pénates… juste le temps de croiser une épicerie ou attraper de quoi grignoter ce soir et demain matin, puis repos et cocooning au menu de cette première soirée.

Le lendemain, bonheur, pas besoin de réveil on est ravigotés et quand on sort le nez notre jolie petite rue est toujours baignée de ciel bleu et de soleil…
Varsovie (8)Juste à côté de notre appartement, la place du marché de la vieille ville et en son centre… la célèbre sirène de Varsovie ! (qu’on avait même pas vue hier, parce-que tu comprendras plus loin dans les photos, qu’elle est à cette époque de l’année… au centre d’une patinoire provisoire et tout le tintouin ! De quoi se faire oublier) Rencontre donc avec la femme-poiscaille, qui figure fièrement sur les armoiries de la ville et a à son actif pas mal de légendes… (globalement si j’ai bien compris, elle a foutu le souk chez les pêcheurs, été enfermée, puis libérée, et finalement a fait copain-copain avec les Polonais en jurant-crachant qu’elle les défendrait)
Il y a une autre statue de la demoiselle du côté de la Vistule, mais alors c’est comme les pères noëls, tu sauras jamais lequel est le vrai…Varsovie (9)Varsovie (20) Varsovie (21)Des façades colorées qui invitent à un bon petit déjeuner…Varsovie (23) Varsovie (24)Les abords du Château royal, occupés par le marché de Noël à cette période. Varsovie (25) Varsovie (26)Parmi les pâtisseries, on reconnait (enfin surtout le Binôme qui a des origines Hongroises rappelons-le) pas mal de gloutonneries rencontrées à Budapest l’an dernier. Varsovie (27) Varsovie (28) Varsovie (29) Varsovie (30) Varsovie (31)On chope un Lángos pour la route… une spécialité hongroise elle aussi (un genre de gros pain/beignet frit, salé, sur lequel tu mets un peu tout et n’importe quoi, simplement à l’ail ici)(pour le coup c’est aussi gras que délicieux, sache-le) Varsovie (32) Varsovie (33) Varsovie (34) Varsovie (35) Varsovie (36) Varsovie (37) Varsovie (38)La place du château royal (oui c’est le gros truc à droite bien vu l’ami)… qu’elle est belle et pleine de charme cette vieille-ville… je l’ai aimée plus encore que celle de Cracovie je crois, pourtant ici, il faut que tu saches que plus rien n’est d’origine. La pauvre Varsovie a eu beaucoup moins de chance que sa petite soeur pendant la guerre où elle a été totalement détruite, tout ce que tu vois là et qui a des allures d’autrefois, n’est donc que le fruit d’une reconstruction et reconstitution minutieuse, datant des années 50…
Au pied de la Colonne du Roi Sigismond, si tu regardes dans l’autre direction, la Voie Royale te tend les bras.
Varsovie (39)Sur la gauche, l’église Ste Anne (qui a survécu à la guerre, elle) dont le clocher donne une vue superbe sur la ville… enfin à ce qu’il parait, car comme à Cracovie, l’accès en est fermé l’hiver, faut croire qu’ils ont la trouille des courants d’air… Grumpf. T’avoueras quand même que pour des gens qui vivent dans un pays aux hivers rudes depuis toujours, ils n’ont pas l’air de s’être très bien acclimatés, les polonais… (faut qu’ils fassent gaffe hein, à cette allure là bientôt, quand il neigera 2mm, ils arrêteront tous les transports et plus personne n’ira bosser… parole de français !)
Varsovie (40)Aller zou, soyons-fous, descendons-la, leur Voie Royale…
(Dédicace chauvine)Varsovie (41)Le poète Mickiewiecz (statufié pour ton bon plaisir) devant l’église des CarmélitesVarsovie (42)Eglise St joseph Varsovie (43)Copernic, star locale, tranquillou en terrasse du palais Staszic.  Varsovie (44) Varsovie (45)Et l’église de la Sainte-Croix, impressionnante… et aux petites manies un rien flippantes aussi. Tu vois Chopin, le musicos de génie ? Elle l’aimait vachement bien apparemment, et faute de CD ou de tee-shirt dédicacés à collectionner, elle a trouvé un autre super grigris… elle a gardé son coeur dans un de ses piliers. Tranquillement. Ouais ouais.
(rappelons à toutes fins utiles qu’il est interdit de vomir dans le bénitier) Varsovie (46) Varsovie (47)Varsovie (51)Varsovie (48)Hey lui c’est pas Chopin mais tu le reconnais non ?! Big up JP ! Varsovie (50)Et pour clore cette longue journée, quelque part en remontant la fameuse Voie Royale, un bon resto (dont j’ai oublié le nom, pardon) où j’avais repéré qu’un petit groupe chanterait ce soir sur de la musique traditionnelle… bon, bah pour tout t’avouer, c’était un gros raté. La bouffe, pas mal c’est vrai, mais alors le « concert » une vaste blague… trois pépés polonais à l’amabilité digne de Tatie Danielle qui ont joué 20mn à tout péter, l’air renfrogné en reluquant leur montre et soupirant sans arrêt, avant de se tailler vite-fait…
Ils sont quand même pas d’un tempérament FACILE-FACILE hein, ces polonais…
Mieux vaut en rire (et aller se coucher) !

Notre dernier jour à Varsovie commence sous un ciel beaucoup plus encombré… on sort de la vieille vielle et on prend cette fois-ci la direction de la gare (par où on est arrivés) et des quartiers beaucoup plus modernes de la ville où paradoxalement, se trouvent les plus nombreux vestiges commémoratifs de son passé.
D’abord, le Palais de la culture et son architecture stalinienne… (ah sisi, de toute façon c’est Staline en personne qui leur a offert alors tu peux pas te gourer) avec ses 230m, il est toujours aujourd’hui le plus haut gratte-ciel de Pologne.
Varsovie (52)De monument aux morts en fresques de rue, on déambule dans ces quartiers où l’agitation et l’expansion de la modernité ont englouti, sans toutefois les détruire totalement, quelques témoins encore debout des atrocités du passé. On croise parfois des bornes marquant les anciennes limites du ghetto de Varsovie, puis on se dirige vers les synagogues (qu’on ne visitera pas, elles sont fermées au « public »…) puis on part à la recherche des deux célèbres immeubles semi-détruits, réputés derniers témoins de la guerre, conservés « intacts », autrement dit dans leur jus, comme un hommage intouchable portant encore les photos des habitants sur leurs murs extérieurs délabrés… et pourtant à notre arrivée, ça y est, on ne peut que constater que cette page tragique d’histoire essaie de se tourner : les façades sont masquées par des échafaudages, ils viennent d’être mis en travaux par la ville.
Enfin, coincé entre plusieurs immeubles, comme oublié au fond d’une petite cour, le dernier morceau du mur du ghetto de Varsovie… (souviens toi => il était là) Varsovie (53) Varsovie (54) Varsovie (55)Chacun accomplit son devoir de mémoire à sa façon, nous on a souhaité faire cette balade-pèlerinage à ciel ouvert. On n’a pas visité le musée de l’insurrection (pour lequel il parait qu’il faut au minimum toute une journée) et bien qu’on ait hésité à le faire lorsqu’on était à Cracovie (d’où il est à 1h30 de train) on n’aura pas visité non plus le camp d’Auschwitz… on l’a tant vu en documentaires, tant étudié en classe, ce camp devenu l’image d’épinal de la guerre, qu’on le connait si bien, trop bien, lui et toutes ses atrocités… hormis de la tristesse sans doute, le lieu n’aurait rien éveillé de nouveau en nous, alors à quoi bon ? C’est bien sûr un avis très personnel…

Un grand besoin de légèreté se fait sentir, et malgré l’arrivée de la pluie, après un bref arrêt capuccino-vodka (ah bah oui hein, par ici c’est comme ça…) on s’efforce de retrouver notre bonne humeur et on reprend le chemin de la vieille ville.
Varsovie (22)Le jour décline déjà…Varsovie (56) Varsovie (57)On regagne la voie royale pour une pause goûter (un peu tardif) avec vaisselle traditionnelle, napperon, tarte aux pommes tiède et… Kompot. C’est le nom qu’ils donnent à cette espèce de jus de pomme chaud (ou froid) mariné aux épices, une spécialité locale qui ressemble à un genre de vin chaud sans alcool, et qui se boit trèstrès bien si tu veux mon avis. Varsovie (58)Les esprits et les corps enfin réchauffés, on ressort… dehors la pluie s’en est allée et les illuminations de noël se sont allumées… On savoure cette dernière soirée en remontant doucement vers nos quartiers qui se sont animés à la nuit tombée.Varsovie (59) Varsovie (60) Varsovie (61) Varsovie (62) Varsovie (63) Varsovie (64) Varsovie (65) Varsovie (66) Varsovie (67) Varsovie (68) Varsovie (69)Alors, tu la vois toi, la sirène ?! Varsovie (70) Varsovie (71) Varsovie (72) Varsovie (73)Un dernier petit creux ? On te conseille très fort de faire la belle expérience des Mlecezny = les « bars à lait ». Une véritable tradition polonaise, ces restaurants où l’on cuisine des soupes et plats très simples et à prix imbattables, ici c’est comme à la maison, premier arrivé premier servi (quand y’en a plus, on retire de l’ardoise, et tu prendras ce qu’il reste !) Tu viens chercher ton assiette au passe-plat quand c’est prêt et tu débarrasses quand t’as fini s’il te plait !
Touristes et locaux se mêlent totalement ici (et c’est assez rare pour le souligner) on y croise à la fois des étudiants, des personnes âgées, des ouvriers… une très belle mixité pleine d’humanité qui nous avait manqué, on a adoré !Varsovie (74)L’aventure Polonaise s’achève ici…

Le lendemain matin, on quitte le pays sous une pluie battante, après qu’un bureau de change officiel, puis un chauffeur de taxi complètement azimuté aient tenté tour à tour de nous arnarquer (et d’en venir aux mains accessoirement, tant qu’on y est ! Ce qui n’aura fait réagir personne d’ailleurs) méfie-toi, malgré les tarifs affichés, on essaiera ouvertement parfois de quadrupler le prix pour toi, et s’il faut, on ira jusqu’à te menacer… nous on a rien lâché et l’énergumène a fini par s’en aller, mais c’était franchement un très mauvais moment à passer…
On gardera de la Pologne ce souvenir très mitigé, celui d’un pays aussi joli qu’inaccueillant hélas… Soyons très francs : le polonais est aussi froid que son climat, limite hostile (souvenir mémorable de ce moment où on s’est fait envoyés méchamment bouler par une locale qu’on avait simplement rattrapée pour lui rendre le foulard qu’elle avait fait tomber… non mais ?!) et quoi qu’il arrive, la vérité est que rien ici n’est fait pour le touriste qui y est globalement… méprisé. (on y ferme tout un tas de choses sans prévenir dès que c’est plus l’été et même les horaires des musées sont complètement inadaptés, les points d’information ne te fourniront même pas un plan des bus ou de la ville donc t’as intérêt à te débrouiller, quasi personne ne fera l’effort de parler en anglais même pas les chauffeurs de taxis, et puis surtout on tentera systématiquement de te faire raquer sans même un petit sourire pour faire glisser…)

Sans regrets malgré tout puisqu’on y a découvert de très belles choses (et que tant qu’on est tous les deux, il en faudrait beaucoup pour nous empêcher de passer des moments agréables) mais le Binôme clairement, la Pologne, il ne veut plus y remettre les pieds…

En bref, c’est une destination à voir, mais à mon sens, mieux vaut être préparé à cette accueil… hum… particulier !

Après cette expérience en tout cas, nous on a eu terriblement envie de chaleur humaine, et on l’a totalement trouvée… chez les portugais ! Tu la vois venir, la prochaine série ? 😉

8 Comments

  1. Très joli article sur cette ville qui faut apprendre à apprécier je trouve.

    Pour la petite histoire, sur la place où se trouve la sirène (Stare Miasto) on raconte qu’un basilic habitait dans les caves bordant la place. Il y a d’ailleurs une enseigne avec une tête de basilic 🙂

  2. AH mince, j’allais dire que j’avais envie de découvrir Varsovie. Je deviens boudeuse dès qu’on est pas très accueillant avec moi, donc j’y réfléchirai à deux fois !

    1. J’suis désolée de saper le moral des troupes mais il faut être honnête… c’est sincèrement la seule destination que j’ai faite où l’accueil fût aussi mauvais. (on peut bien dire des Parisiens, aucun taxi n’a jamais essayé de me cogner hein…) J’estime qu’on est des touristes agréables et discrets, on ne grimpe pas sur les statues des musées, on se promène pas en Louboutin-Rolex pour agacer et on s’intéresse toujours aux gens, à la culture, aux traditions… avec une curiosité respectueuse qui partout ailleurs où nous sommes allés a toujours été appréciée (même dans des pays beaucoup plus en difficultés où les populations et modes de vie sont bien plus difficiles à aborder) donc là vraiment, non, y’a pas d’explication valable à cette façon de se comporter… et quand on voyage comme nous avec cet état d’esprit et cette envie de rencontrer les locaux, c’est très décevant… je dirais qu’il faut y aller, mais seulement pour l’architecture et l’histoire… :-/

  3. C’est un pays qui m’attire de plus en plus et tes photos redouble mon interet. Par contre, refroidie par ton commentaire sur l’accueil. Il y a des pays je crois qui ne realisent pas le potentiel touristique qu’ils ont et devraient en profiter en ameliorant leur accueil. Dans le meme genre, j’ai ete refroidie par le Liban et Beyrouth. Mais par contre, totalement conquise par l’Iran qui, de tous les pays que j’ai pu visiter, gagnent haut la main la palme des personnes les plus gentilles et les plus accueillantes.

    1. Je me l’explique pas j’avoue… qu’on me dise pas que c’est spécifique des gens de l’est, ou des populations qui ont particulièrement morflé pendant la dernière guerre parce-que les Hongrois par exemple sont pas du tout comme ça alors bon… la différence de niveau de vie et les difficultés économiques ne peuvent pas non plus expliquer ça à elles seules, sinon y’a un paquet de pays dans le monde où on se ferait jeter des cailloux, alors vraiment, je ne comprends pas. Au delà du fait qu’ils soient couillons de pas profiter d’avantage du tourisme, c’est surtout humainement détestable d’être aussi peu sympathique avec qui que ce soit.

  4. c’est sur que ça gache tout le plaisir un comportement pareil et au point de vous agresser quand même ça fait un peu flipper :/

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