Höfn, Egilsstadir et autres péripéties…

Hofn (1)En reprenant la route en direction de Höfn, après les poneys, les moutons, le renard arctique et les phoques…  qui v’la-ti-pas que nous croisons ? DES RENNES ! Sans leur traîneau ni les cadeaux, mais c’est déjà pas mal réjouissant. (et celui au dessus là, avec ses tout petits-minis bois sur la tête, bah c’est un bébé renne tu vois…) (j’te laisse fondre tranquillou en MOoooôôhoooôoooOOOoooh et on s’retrouve un peu plus bas)Hofn (2)

Hofn (3)

Hofn (4)

Hofn (5)

Hofn (6)L’ancêtre commun doit être plus proche avec le renard polaire qu’avec le phoque, si on considère leur faculté naturelle à se barrer fissa quand on a tenté d’un-tout-petit-peu-trop s’approcher d’eux. (Sisi, c’est des rennes les petits pixels au pied de la montagne là)(c’est beau hein ?)(la partie de « Où est Charlie » est offerte, éclate-toi bien !) Hofn (7)Hofn (8)Hofn (9)Ne cherche plus les micro-rennes, on a repris la route, ils sont vraiment trop loin maintenant… s’ils reviennent, on te l’diras, c’est promis va.Hofn (10)Oh regarde ! Encore un TOUT PETIT glacier… de ton oeil de lynx désormais entraîné du coup, tu la vois là, la riquiqui maison au pied de la coulée glacée ? (qui au passage te donne une idée des dimensions du-dit « tout petit glacier »…) Super endroit au demeurant pour s’installer non ? Posés, pénards, pas un voisin pour te faire chier, avec le stock de glaçons illimité au bout du jardin, franchement on serait pas FIN BIENS ? Hofn (11)A gauche, la montagne, à droite, la mer. Histoire de mettre tout le monde d’accord. Normal quoi.
Non mais t’avoueras quand même que c’est pas banal, non ? Nous en tout cas, cette symbiose là n’a pas cessé de nous intriguer (et plus on avancera vers les fjords, plus ce sera vrai, c’est que le ski alpin les pieds dans l’eau, ça doit quand même un peu dépayser…)Hofn (12)Arrivés à Höfn, on a franchement les crocs (ma mère te dirait que c’est la faute au grand air, parce-que ça creuse… comme chacun sait) on choisit donc de trouver un coin pour se garer et grignoter un truc avant de visiter. On s’installe en hauteur, au bout du bout de la presqu’île, avec une vue bien dégagée sur les montagnes et le lagon, et les canards comme compagnons ! (faute de macareux ou de fous de Bassan à cette époque, tu fais avec ce que t’as…) Le froid est sec, le vent carrément glacé, mais sous un soleil radieux comme celui-là, on ne se plaindra sûrement pas… il est 12h et des briquettes, et cette journée n’en finit plus de nous enchanter.Hofn (13)Les estomacs bien remplis, on redescend se balader rapidement sur le port de Höfn (qui veut justement dire « port » en Islandais, c’est quand même vachement bien fait) une ville qui vit essentiellement de la pêche au homard (pour ta culture G).    Un petit tour…Hofn (14)Hofn (15)Hofn (16)… et puis s’en va.

Un trou inopiné dans le roadtrip-report survient à ce moment là… Oui bah j’ai fait une micro-sieste voilà. Je suis un être humain qui n’a pas dormi cette nuit, PARDON.

Quand soudain, le Binôme braille : ALERTE RENNES ! (deuxième du nom)
*shbonk* <= ma trogne dans la vitre du Jimny
« HEIN ?! ah oui… »Hofn (17)Un couple, visiblement pudique, qui se fait rapidement la malle lui aussi en nous voyant.
(inutile de préciser qu’après ça, j’me suis pas rendormie)
Hofn (18)Hofn (19)Hofn (20)Hofn (21)Depuis un bon moment, bien avant Höfn déjà, on longeait le parc national de Skaftafell (à voir absolument l’été en randonnée, l’hiver il est plus difficile d’accès, et il faut compter y allouer au moins 3 jours j’dirais, nous on a dû faire des choix et y renoncer…) on en voit donc le bout ici, sans l’avoir vu vraiment… et c’est toujours pourris-gâtés par un superbe temps, qu’on arrive à présent aux abords des premiers fjords de l’est…
Hofn (22)Hofn (23)Hofn (24)Hofn (25)Hofn (26)Hofn (27)Hofn (28)Hofn (29)Hofn (30)Hofn (31)Jimny et moi, on est CONTENTS.Hofn (32)Hofn (33)Hofn (34)Hofn (35)Hofn (36)Des fois que toi aussi, le nom (et les paysages) te feraient rêver mais que tu te demanderais quand même, ce que c’est exactement qu’un Fjord… bah sache que j’ai cherché, la version pour les nuls étant : une vallée creusée par une ancienne langue de glacier allant de la montagne jusqu’à la mer, qui depuis s’est barrée (alors pourquoi, bah ça… j’te dirais bien qu’elle a fondu en toute logique, mais j’en sais foutre rien, alors tu demanderas à quelqu’un d’autre, tu seras gentil) laissant désormais la mer s’y infiltrer.

Et hop pendant qu’on y est, un troupeau (ou « orgue » pour les crâneurs) de colonnes basaltiques par dessus tout ça, comme ça j’en finis avec la géologie en te disant que c’est simplement l’aspect que prend parfois naturellement une coulée de lave qui refroidit lentement… (mais si tu veux du précis, Wikipédia est ton ami)Hofn (37)Il fait toujours aussi beau, et pourtant, ici s’achève la partie « sans nuages » de l’épopée du jour. A cet instant, il est environ 15h, bon, depuis Höfn on a un peu traîné à force d’arrêts photos, mais d’après l’itinéraire prévu, on devrait arriver à destination (c’est à dire Egilsstadir) vers 16h, on aura encore le temps de visiter, et on pourra même se payer le luxe de se reposer… L’idée était de continuer sur la N1, soit la grosse route principale qui fait le tour de l’Islande, dans les grandes lignes, et qui à un moment donné, ce qui nous arrangeait assez, raccourcit le trajet en coupant gentiment par… la montagne.
Oui. Bon. On aurait effectivement dû de se douter qu’en plein hiver, c’était pas une SUPER idée… évidemment, arrivés au pied de la-dite montagne, la « route » (= champ de glace en pente à 45 degré serait plus exact) est barrée. Un gros panneau un rien vindicatif posé au beau milieu te disant, grosso modo « IMPASSABLE, tu vas tous mourir, et nous on viendra pas te chercher »… bon. BON. Quand les islandais, qui roulent à longueur d’année sur de la piste de ski et des routes dignes de champions de rallye te disent de pas y aller… bah t’y vas pas hein. Demi-tour donc, et pas d’autre choix que de contourner par la côte, ce qui nous rallonge déjà d’1h30, mais bon tant pis…

Au prochain fjord, on retente la même hérésie, on s’engouffre en espérant passer… bim, re-bloqués au pied de la montagne, ici non plus, pas possible de s’aventurer. Encore 1h30 de détour dans la vue pour contourner par le long de la côte, sauf que là, ça devient vraiment moins marrant, l’angoisse nous gagne même franchement, et pour cause, de la montagne y’en aura toujours et Egilsstadir, bah y’a pas à chipoter, c’est de l’autre côté… si même la N1 est bloquée, nous on commence sérieusement à se demander COMMENT on va pouvoir passer et en bonus, l’essence commence à manquer…

On s’arrête dans un petit patelin, il est 18h bien tassés, je crève d’envie de faire pipi, on a pas de wifi, la pompe à essence veut pas marcher : j’suis à deux doigts de convulser. (et pas juste parce-que j’aime bien me faire remarquer, mais là, moi, je commence vraiment à paniquer… si la montagne est bel et bien infranchissable (et j’avoue que je commence à me dire qu’en fait j’me suis p’têtre pas si bien renseignée que ça…) le périple s’arrête ici, tout le monde descend et salut la compagnie, puisqu’il n’y a aucun autre moyen de continuer notre boucle…

Le Binôme prend les choses en mains, on déboule au café du coin, moi je m’occupe de faire pipi, lui de choper le wifi et des hotdogs de survie… puis on chouine en coeur qu’on est fichus et que c’est sûr, on va devoir dormir sous leur bar cette nuit…
Et là, le miracle N°32 : « Aaah les loueurs de 4×4 hein, on leur dit toujouuuurs de vous prévenir que si vous venez dans l’est, faut pas prendre la N1, faut prendre la 96 et la 92 ! C’est une bonne route celle-là, elle est jamais bloquée ! Bon et bougez pas, j’appelle le gars de la station essence, il va arranger ça… »
Oh. My. God. Tu le connais, ce moment où tu voudrais embrasser un inconnu, juste parce-qu’il vient d’une toute petite phrase insignifiante changer le cours de ta journée, voire de TA VIE ?? (oui, bah je m’emballe un peu oui…) N’empêche que je pourrais me rouler par terre, tellement j’suis soulagée, mais comme j’ai sur le dos le super manteau que ma copine Chloé m’a prêté, j’me contente de cramponner mon hotdog et de bafouiller 57 « merci » de suite, les yeux tout embués.

Et alors d’ailleurs, ce hotdog là, crois-moi, il aura le goût divin de l’inespéré… J’te l’aurais bien montré, mais y’a pas une seule photo sans la tronche du Binôme qui fait l’idiot, et comme il parait que j’ai pas le droit de les publier (rapport à son anonymat et autres balivernes…) (Bah il te reste google => Ici) sache en tout cas que ce hotdog dit « pylsur » en islandais c’est un peu la Rolls Royce du genre, 1) c’est pas cher comparé à tout le reste, et 2) avec sa saucisse de veau (enroulée ou non dans du bacon) ses 5 ou 6 sauces (en même temps !) et ses petits oignons crus ET frits, il est réputé meilleur hotdog au monde, rien que ça, HEY OUAIS !

On repart, le ventre lourd mais le coeur léger, et au bout de la route 96, on comprend mieux pourquoi par ici, franchir la montagne pose beaucoup moins de soucis… Hofn (38)On atteindra finalement Egilsstadir à 19h30, autant te dire que pour la visite, c’est tout de suite plus compliqué, mais franchement peu importe, on aura pas eu à rouler de nuit et on est bien arrivés. Une bonne douche efface les tensions restantes et délasse le pauvre conducteur… qui pour autant n’a pas fini de trimer, car moi pendant qu’il barbote, je lui mijote mon prochain plan : ce soir chéri, on va chasser ! (l’aurore, évidemment)

Il est pas convaincu… J’insiste un peu. Il bougonne beaucoup. Vraiment beaucoup… c’est que le Binôme est con quand il est fatigué, mais bon, on l’aime quand même et il le sait… alors il finit par mettre son bonnet et nous v’la embarqués. On sort à peine de la ville, juste pour s’éloigner de la pollution lumineuse et on gare le 4×4 dans le bas côté. On décide de laisser tourner le moteur, histoire de pas mourir gelés… Il est 22h, le ciel est clair, les prévisions sont bonnes, on y croit ferme !
22h20 : le Binôme dort…
22h25 : j’entame une technique toute personnelle de rotation cadencée pour surveiller alternativement tous les points de vue et être vraiment sûre de ne rien rater. Oui, je suis quelqu’un d’organisé. Et de cinglé.
23h30 : le torticolis de madame est avancé, j’opte pour la technique dite « de la meuf vautrée ».
00h30 : j’actualise toujours le site de prévisions aurorales toutes les 20mn. C’est un tout petit peu insuffisant pour m’occuper.
1h30 : le Binôme, dans un sursaut, fait mine de ne jamais s’être endormi et me demande d’une voix innocente si ça va. Je réponds oui. (je mens effrontément, en vrai, je veux mon lit.)
2h30 : ma paupière gauche réussit à corrompre la droite, on sombre toutes les trois pendant quelques minutes…
3h00 : dans un dernier élan d’énergie, j’ouvre mon carnet de voyage et le complète à la lueur de l’Iphone (c’est pas pratique pour un rond, mais ça aide bien pour rester éveillée…)
4h20 : d’un commun accord, on rentre se coucher… c’est pas qu’on l’ait ratée, il n’y aura juste pas eu d’aurore ce soir là, malgré des prévisions très prometteuses. Le retour se fait sous un silence épuisé, on s’endort comme des masses…

Grasse mat’ bien méritée : on ouvre l’oeil qu’à 10h20… au petit déj’, on débrief de notre sortie nocturne : un peu déçus mais on a pas de regrets, les aurores boréales, on sait bien qu’il faut les mériter, et c’est pas en restant à l’hôtel qu’on a une chance d’en voir une se pointer… 1/2 plein d’essence et quelques heures de sommeil, c’est pas si cher payé.
Et puis bon, on peut décemment pas se plaindre, on a eu un bol insolent depuis le début, d’ailleurs encore aujourd’hui, j’ouvre les rideaux Paf : la météo qui nous sourit ! Egilsstadir de toute façon, je n’y ai rien trouvé d’impératif à visiter, on choisit de partir immédiatement pour Myvatn, où je sais qu’en revanche un tas de choses nous attendent…

Un petit coup d’oeil quand même en passant sur le Lagarfljot, des fois qu’on apercevrait le monstre qui est réputé pour y habiter (un genre de truc tout moche, probablement de la même famille que celui du Lochness) y’a même un mec qui l’a filmé, sisisi, et un site officiel pour envoyer tes photos ou vidéos ! (les islandais rigolent pas avec les légendes hein, tu le sais…) Bon, d’un autre côté, s’il pouvait rester gentiment au fond du lac le temps qu’on passe, moi, ça m’arrangerait… Hofn (39)Hofn (40)Hofn (41)Non mais vraiment, vous dérangez pas m’sieur le monstre, c’est pas troptrop la peine en même temps, on est plutôt pressés… C’est qu’on est jamais trop prudents, et côté émotions, Egilsstadir nous a déjà filé notre dose, ça serait quand même fichtrement le pompon qu’on se fasse becter en prime, par un machin aquatique non identifié…

Aller… sans rancune… Bisou !

PS : pour éviter le stress des routes bloquées sinon, se renseigner sur le site officiel, c’est pas une trop mauvaise idée… Après ce jour là, on ne l’a plus oublié ! => Road.is

 

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